Amis de Schwarzenthann, l'association.

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Poèmes

Schwarzetann

Im Tannewald,
An dunkler Hald,
Viel Trimmer sin noch z’finde,
In alter Zit,
Han fromme Lit
A Klosterle dert grinde.

Doch gar net lang
Isch Kirchegsangv
In Wald un Hag gebliwe.
Dr Bür ich kumme,
Hat alles gnume
Un Nonn un Mönche vertriwe

Ein einziga Schatz
Nur behalt sine Platz
Versteckt im Kloschtergarte,
D’Apostelschar
Ganz goldig, klar,
Tüet uf Erlesung warte.

Un mangmol spot
Im Owerot,
Wenn lang versunke d’Sunne,
A Glöckle klingt
Dr Wald versinkt,
Vum Barg har schritte d’Nunne.

Im Klostergrund
Zur gliche Stund
D’Apostel hall entschene.
Dr’Goldschatz blinkt,
Dr Petrus winkt:
“es will uns keener heve!”

Un d’Hand am Harz
Im tiefeste Schmarz
Dr Nonnezug verschwindet.
Sie bliewe verbannt
Bis kurzer hand
D’Apostel eber findet.

Schwarzenthann

Dans une forêt de sapins
A une sombre place
De nombreuses ruines sont à voir,
Aux temps anciens
De courageuses gens
Y’ ont fondé un petit couvent

Mais durant peu de temps
Les chants religieux
Dans la forêt sont restés.
Le Paysan est venu,
A tout pris,
Et chassé nonnes et moines.

Un seul trésor
A gardé sa place,
Caché dans le cloître,
La communauté des Apôtres,
En or bien sûr,
Attends d’y être découvert.

Et parfois tard
Dans le crépuscule,
Quand le soleil à disparu,
Résonne une cloche,
La forêt disparaît,
De la montagne arrivent les nonnes.

De la terre du couvent
En même temps,
Apparaît le halo des Apôtres.
Le trésor luit,
St Pierre dit,
« Aucun ne voudra nous toucher ».

Et la main sur le coeur,
Dans une profonde douleur,
La procession disparaît.
Ils restent bannis
Jusqu’au jour où,
Quelqu'un découvrira les Apôtres.


Théobald WALTER,
Historien et Maire de Rouffach. (1867/…)

- Traduction de Guy Wisselmann

Le trésor de Schwarzenthann

Dans la forêt de sapins sombres,
Gisent là depuis la nuit des temps,
Sous la mousse, la terre et les ombres,
Des pierres mais aussi des gens.

Ils vinrent là, attirés par le calme,
La beauté et la sérénité des lieux,
Prièrent pour le salut de leur âme,
Dans ce couvent qu’ils bâtirent de leur mieux.

Mais les prières et les cloches qui sonnent,
Se sont tues quand vinrent les rustauds,
Qui chassèrent les moines et les nonnes,
Dans la fureur avec piques et faux.

Caché sous terre à l’abri près du cloître,
Sur place seul resta un trésor,
Faits d’argent, de bijoux et d’albâtre
Et de douze Apôtres en or

A minuit quand la lune est pleine,
La forêt chuchote et on entend les cris,
Des nonnes bannies qui disent leur peine,
Aux douze apôtres du trésor qui luit.

La forêt s’estompe, les murs sortent de terre,
Redonnant au lieu sa beauté d’antan,
Et l’on voit dans les cieux, nimbés de mystère,
La vierge marie qui tient son enfant.

Passant ne passe pas, que ton coeur regarde
Le trésor fragile que tu trouveras là,
Cette sérénité de l’âme que ces lieux gardent
Et qu’avec tout l’or du monde tu n’achèterais pas.


Guy Wisselmann / Janvier 2013